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jeudi, 24 juin 2021

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Tribune : Pour Nicholas l’Excellent Kabanga, dans le cadre de l’Union Sacrée, le Président de la République n’est redevable à personne, si ce n’est au peuple Congolais

Le Président de la République n’est redevable à personne, si ce n’est au peuple Congolais.

Félix Tshisekedi mettait fin à la coalition CACH-FCC, lors de son adresse à la Nation, le 06 décembre 2020, en annonçant dans la foulée l’éventualité de dissoudre l’Assemblée Nationale s’il n’obtenait pas une majorité qui lui soit acquise. Le Président de la République prend cette décision au terme des consultations politiques initiées par lui, dans le souci de sortir le pays de la crise politique provoquée par les tensions au sein de la coalition alors au pouvoir. Félix Tshisekedi accusera ainsi, non sans raison, le gouvernement de coalition de n’avoir pas permis de mettre en œuvre le programme pour lequel il a été porté, par le peuple, à la magistrature suprême.

Le 31 décembre 2016, accompagné par la frange de l’opposition signataire de l’accord du 18 octobre 2016, la Majorité Présidentielle de Joseph Kabila parvenait à un accord avec le Rassemblement de l’Opposition, pour la gestion consensuelle du pays jusqu’aux prochaines élections. Au terme de cet accord, Joseph Kabila gardait la Présidence de la République alors que l’Opposition prenait la tête du gouvernement d’union nationale, dirigé par un Premier Ministre proposé par le Rassemblement.

Alors que l’accord de la Saint-Sylvestre disposait clairement que « Le gouvernement de la République est dirigé par le Premier ministre présenté par l’opposition politique non signataire de l’accord du 18 octobre 2016/Rassemblement », le camp de Kabila, lui, exigeait au Rassemblement une liste de 5 noms, dans laquelle le Président de la République allait opérer SON choix du Premier Ministre. Le 07 avril 2017, face à l’intransigeance du Rassemblement qui s’en tenait aux clauses de l’Accord, Joseph Kabila usera de son pouvoir discrétionnaire, se passant des clauses dudit accord, en nommant Bruno Tshibala Premier Ministre, alors que ce dernier avait déjà été exclu de l’UDPS et du Rassemblement.

Comme en droit administratif, dans les us et coutumes de la pratique politicienne, le Chef de l’Etat jouit du pouvoir discrétionnaire en ce qu’il a le pouvoir d’agir, de s’abstenir ou de décider avec une marge plus ou moins grande de liberté, circonscrite par le cadre légal, en fonction d’une appréciation d’opportunité.

Lors des élections présidentielle et législatives de 2011, l’opposition avait essayé de présenter un candidat commun – vraisemblablement Etienne Tshisekedi – pour faire face à la machine du pouvoir et espérer battre Joseph Kabila qui avait tous les moyens de l’Etat à sa disposition ainsi que toute l’administration territoriale à sa solde. L’une des conditions-si pas la principale-avancée par les opposants dont Vital Kamerhe, Léon Kengo wa Dondo et le MLC de Jean-Pierre Bemba, pour se rallier à Etienne Tshisekedi et soutenir sa candidature, était le partage des postes. Ces tractations échoueront en se heurtant contre le refus du Vieux Sphinx d’accéder aux cahiers de charges de ses interlocuteurs avant les élections, ce dernier se refusant certainement d’avoir les mains liées par pareils engagements.

J’ai démontré, dans ma dernière tribune [lien de l’article], que l’échec du FCC à l’élection présidentielle de 2018 et partant, celui du pouvoir de Kabila, était dû à la mauvaise gouvernance, à l’absence d’un leadership exemplaire, à la corruption ainsi qu’à l’impunité qui ont caractérisé le système. C’est donc visiblement un problème d’hommes.

Il doit sûrement être très difficile pour un Chef d’Etat de se choisir des collaborateurs à tous les postes de responsabilité dans le système étatique. Il s’appuie certainement sur ses plus proches collaborateurs qui jouissent de sa confiance et qui, dans ces conditions, deviennent des « faiseurs de rois » avec parfois des agendas qui ne convergent pas toujours avec le leur.

Dans un système où la quasi-totalité des hommes politiques ont longtemps recouru au népotisme pour gratifier le militantisme politique, il est évident que le collaborateur bénéficiaire de ce privilège restera redevable à son “recruteur”, envers qui il sera loyal et au service duquel il va travailler, faisant avancer l’agenda de ce dernier en lieu et place de travailler pour la politique et la vision du Chef. Ceci expliquerait peut-être la difficulté, pour Joseph Kabila, de se trouver ses 15 collaborateurs fiables, durant ses 18 ans de règne à la tête du pays.

Dans son adresse à la Nation, du 06 décembre 2020, Félix Tshisekedi déclarait : “Malheureusement, la réalité des faits est que, malgré les efforts que j’ai déployés, les sacrifices que j’ai consentis et les humiliations que j’ai tolérées, cela n’a pas suffi à faire fonctionner harmonieusement cette coalition. Cela n’a pas non plus empêché l’émergence des difficultés de tous ordres au sein de celle-ci, rendant ainsi aléatoire la concrétisation du changement tant réclamé par notre peuple.”

Ces propos, Félix Tshisekedi les tenait après un peu plus de deux ans d’une coalition dans laquelle il devait jouer à l’équilibre avec des Ministres qui obéissaient aux ordres de Kingakati et qui pouvaient carrément, pour certains, se permettre d’être inélégants avec lui sur la place publique. Avec ce tableau et à ce stade-ci de l’Union Sacrée, accéder aux exigences des nouveaux partenaires qui réclament la Primature et le perchoir de l’Assemblée Nationale serait tout simplement hasardeux de la part du Président de la République.

En effet, la Primature et le Perchoir de l’Assemblée Nationale sont des positions stratégiques et déterminantes pour la conduite des reformes que le Chef de l’Etat entend initier dans le cadre de l’Union Sacrée, et requièrent des personnes de confiance, fiables, libres de toute influence politicienne et totalement aligné sur la vision de l’Union Sacrée.

En tout état de cause, Félix Tshisekedi est le Chef de la coalition au pouvoir (ce que le camp Kabila n’a pas compris ces deux dernières années). Cela étant, on ne peut logiquement pas lui imposer des vues, allant jusqu’à lui exiger que le choix des animateurs des institutions de la République, qu’il devra nommer, soit consensuel, lui niant de facto son droit de veto lui reconnut par la Constitution.

L’Union Sacrée aura permis de mettre à nu les ambitions des uns et des autres, poussant certains même à claquer la porte, pour n’avoir pas obtenu, dans les négociations, le contrôle d’une Institution.

A Félix Tshisekedi, qui a appelé au sens élevé du patriotisme dans l’intérêt supérieur de la Nation, d’ouvrir l’œil et le bon !

Nicholas l’Excellent Kabanga, Entrepreneur-Secrétaire National en charge des Relations avec les partis politiques, les Institutions de la République et Porte-parole du Parti politique Ensemble Changeons le Congo.

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